L’ histoire de la Dinde… qui ne voulait pas finir à la casserole pour Noël…

 

1ère partie

Paulette était une bonne grosse dinde, bien charpentée et toute en chair… Qui se faisait du mauvais sang…

En effet, l’ année dernière Madame Alice, la gentille fermière qui distribuait tous les jours assez de nourriture  pour tenir jusqu’au lendemain (Paulette avait tout le temps faim et était toujours la première à sonner l’ alerte, dès qu’ elle voyait la fermière sortir de sa chaumière avec, ce merveilleux Sac contenant toutes ces délicieuses graines…), avait tout simplement, quelques jours avant Noël, emmenée sa copine Sophie…

Elle fut très étonnée, de voir Sophie sur les genoux de la fermière, un peu déplumée, le cou à 90°… et ne disant plus un mot (elle qui était toujours là à cancaner, apparemment cette fois-ci quelqu’un et en l’occurence Madame Alice, avait réussit à lui faire fermer son clapet).

Elle vit son amie, entièrement nue et débarrassée de ses plus beaux atours. « Comment ? » se dit-elle, « Comment Sophie a-t-elle put se laisser faire ? Je ne comprends pas qu’ une dame digne de ce nom, ose se montrer à la vue de tous, dans un tel état !!! Même si, je reconnais, qu’ on l’ a  un peu aidée « .

Ses réflexions ayant dépassées sa pensée, tout le petit peuple de la ferme participa à son indignation. Le Coq lui répondit : « Mais mon enfant, Sophie n’ a pas choisie ! Elle a été préparée… »

« Préparée à quoi ? » demanda Paulette les yeux écarquillés.

« Pour la casserole… » lui dit Le Coq d’ une voix éteinte à force d’ avoir, une fois de plus, essayé de chanter à tue tête, alors qu’ il y a bien longtemps que son chant ne servait plus à sonner le levé du soleil, mais participait à l’ exaspération de la ferme. Il est déjà pénible de vivre derrière des barrières ; si en plus quelqu’un vous braille n’ importe quoi dans les oreilles, vous vous rendez compte du calvaire… Ne pas pouvoir faire la grasse matinée, être levé dès l’ aube par un fou chantant, alors que la journée va être encore longue et longue… Heureusement qu’ il y a la distribution de graines…

« La casserole ? » lança Paulette horrifiée… les ailes tremblotantes levées devant son bec…

« Qu’ est-ce que c’ est ? » demanda t-elle soudain… Se rendant à l’ évidence qu’ elle ne comprenait goutte à l’ annonce du Coq…. Peut être s’ était-elle fait peur sans raison…

« Ma fille la casserole, c’ est là où certaines et certains d’ entre vous finissent leurs vies… Pour ma part, je crois que je suis trop vieux, et trop dur pour y avoir droit… Je finirais ma vie ici, les pattes dans la boue, à vous régaler de mon chant matinal… Jusqu’ à la fin… »

« Quoi ? » cria Paulette de nouveau en panique.

« Mais bien sur jusqu’ à la fin ! c’ est dans mes gênes ! je dois chanter…. » répondit le coq indigné…

« Je ne parle pas de ton chant ! mais de la casserole…. finir dans la casserole… Ça veut dire quoi ? »

« Être mangé, servir de repas aux humains, mourir et pas de façon naturelle si tu préfère » dit tristement le coq en regardant Paulette d’ un oeil larmoyant… Mais quand même rassuré, que sa façon de réveiller le quartier ne soit pas remise en cause !

A suivre….

(C) Thomas Wagner – BPH – 2008

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