L’ histoire du lapin… amoureux d’ une carotte…

Il était tôt ce matin là, quand Arthur le lapin, sorti de son repère.

Un matin comme les autres, un peu frais ; l’ herbe frôlant son pelage était humide de rosée. De petites gouttes laissées par la nuit, prêtes à mouiller sa fourrure, encore imprégnée de la chaleur de sa maman.

Il allait sautillant à travers champs et sous-bois, le nez en l’ air secoué de mouvement continu, à la recherche d’ une délicieuse odeur, qu’ il avait reniflé lors d’ une des dernières sorties en famille et qu’ il devait retrouvé coûte que coûte !!

Pendant ce temps, Madame Carotte réveillée par une légère brise, bâillait à s’ en décrocher la racine…

« Mes filles ! Mesdemoiselles !!! Allons…. Il est l’ heure de faire un brin de toilette !! »

Le soleil ne devant pas tarder à arroser ces dames de ses rayons, ce petit monde devait être fin prêt, afin qu’ aucune ombre ne vienne perturbée leur séance de bronzage quasi quotidienne….

Enfin, débarrassées de brindilles venu maladroitement se coller sur leur peau, d’ insectes dont elles préféraient ignorer qu’ ils aient eux la maladresse et l’ indélicatesse, de venir se poser sur leur tête bien ronde, elles mirent une dernière touche aux préparations matinales en se redressant le chignon… 

C’ était sans compter, sur le savoir faire de Caro, la plus belle des filles de Madame Carotte qui préféra laisser sa belle chevelure libre aux caprices du vent.

Lapin soudain, cru reconnaître « l’ odeur », qui avait parfumé ses rêves depuis plusieurs nuits. S’ approchant, d’ une marée verte, il lui sembla apercevoir quelques formes orangées, surplombées de coiffures élégantes ; délicieuses au regard et merveilleuses pour son nez, qui s’ était mis à remuer frénétiquement de bas en haut.

Madame, Carotte toujours à l’ affût et en charge de la protection de ses filles, vit approcher l’ ennemi !

« Mes filles toutes aux abris ! »

« Je pense que nous allons passer un sale quart d’ heure », dit Ten la fille aînée de Madame Carotte. 

Et oui, car comment s’ échapper quand vos pieds sont prisonniers. Et qu’ un méchant humain s’ est fait un malin plaisir à vous laisser plantées là !!!

Il ne restait plus qu’ une solution : rester sans bouger, ne plus respirer, fermer les yeux et prier Sainte Râpée, que ce maudit lapin passe son chemin.

Les carottes restèrent pétrifiées en rang d’ oignons !!

« Pourvu que ce ne soit pas moi, qui passe à la casserole », se dirent chacune des demoiselles.

Quand soudain, Caro entendit comme une respiration intermittente et sentie un contact mouillé sur sa délicate peau orangée. Un instant, elle n’ en cru pas ses aiguillons, le petit nez du lapin se mit à la chatouiller.

Elle eu envie de rire, mais se retint. Après tout elle risquait de servir de déjeuner à ce foutu lapin… Donc l’ instant n’ avait rien de risible… Mais tout de même, sa peau était sensible au contact du poilu !

Ne sentant plus rien… Elle se dit « bon, je crois que j’ ai échappé à mon tortionnaire… »

« J’ attends encore un peu et j’ ouvre les yeux… »

Autour d’ elle, aucun bruit, aucun mouvement, le silence régnait dans son petit monde orange et vert. Même maman ne semblait plus être là ! « Il n’ aurait pas enlevé toute la famille ! Serais-je donc, la seule survivante ???? » se dit Caro.

Pour en être sur, il fallait qu’ elle affronte, surpasse la peur de finir dévorée…

Elle se mit à compter « Allez…1, 2 et… », « et …3 », ses paupières soulevées, lui laissèrent tout loisir de voir que son tortionnaire était là ! Bien assis sur ses fesses, le nez en mouvement !!

« Mais ce n’ est pas vrai !! » s’ exclama Caro. « Qu’ ai je donc fais à St Pesticide pour me retrouver dans cette situation ! » Un regard furtif, aux alentours, lui fit découvrir que l’ ensemble de la famille était intact. Chignon en place et racines aux gardes à vous. Certaines commençant à virer à l’ orange foncé…

« Respirez les filles !! » lança Caro.

Et comme une seule carotte, ces dames reprirent leur souffle. Mais, une fois revenu à la vie, elles restèrent bouche bée, voyant que le monstre aux grandes oreilles était toujours là, à renifler Caro…

Vint l’ après-midi ; il passa. Vint le soir ; la nuit s’ installa…

Pendant ce temps, des regards avaient été échangés, des chuchotements avaient parcourus les sillons… Le lapin était bel et bien présent, fidèle au poste, en face de Caro… Il avait passé la majeure partie de la journée, à la sentir, à en faire le tour et enfin, par se coucher à ses pieds. Personne dans le champs ne comprenait cette étrange situation.

« A l’ heure qu’ il est, Caro devrait être depuis longtemps digérée… Voir pire !! nous aussi… Enfin peut êtres pas toutes, quelques unes auraient échappées à l’appetit de l’ ogre aux grandes oreilles » se dirent plusieurs filles entre elles.

Leur étonnement grandit encore plus, quand elles virent le lapin partir nonchalamment. Tout ce petit monde commença à s’ activer, enfin comme n’ importe quel champs de carottes peut le faire…  Et y alla de ses suppositions sur la journée qu’ elles venaient de vivre.

Et bla, bla, bla… jusqu’au petit matin… et au retour du lapin… Qui s’ installa cette fois ci, directement à la racine de Caro…

Les visites devinrent journalières. Les carottes s’ habituèrent à la présence de l’ inconnu aux grandes oreilles et comme tout se passait bien… petit à petit, l’ activité au sein du champs repris son cours normal… Si vous voyez ce que je veux dire…

Tout allez bien dans ce petit monde, tantôt baigné de soleil, tantôt arrosé d’ une fine pluie.

Jusqu’au jour où Arthur ne trouva pas Caro à sa place ! ni ses soeurs ! ni sa mère…. « mais où avaient-elles bien pu filer ? » se dit-il… « Sans dire au revoir… »

Lapin fut bien triste, car son coeur battait pour son amie Caro. Son coeur battait très, très fort.. Mais soudain, il comprit… Il vit des humains chargés de caisses en bois d’ où dépassaient des corps sveltes, des chignons et une jolie chevelure laissée libre aux vents…

Il compris que les humains avait pris sa Caro, la famille et tout le reste. Il ne restait plus carottes qui vivent dans ce champs.

Tout était vide. 

Lapin se retrouva seul.

Moralité : quand vous trouvez l’ être aimé, prenez le par la main ; ne le laissez pas attendre planter là, sans lui dire ce que vous ressentez, car tôt ou tard il fini par vous échapper.

Fin.

(C) Thomas Wagner – BPH – 2008  

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