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L’ histoire de la Dinde… Suite et fin !

2ème partie

« Ce n’ est pas possible ! non ! » s’ exclama Paulette tout en se prenant la tête entre les plumes…

« Je suis sur que cette année vient mon tour ! Regarde ! Je suis aussi grosse que Sophie, aussi appétissante… Je dois l’ avouer…. Hum…. Mais … JE NE VEUX PAS FINIR COMME CA  ! déplumée, farcie et mangée !!! Non ! non ! non ! »

Paulette se mit à courir dans tous les sens, sous le regard attristé du Coq. Elle allait de gauche à droite, l’ air égaré, perdu, effrayé… fini par faire le tour du Coq, qui perdit l’ équilibre et se retrouva couché sur le dos, pattes pointées vers le ciel !

« Paulette arrête !! » lui lança-t-il en essayant de l’ apercevoir de sa position.

Une nouvelle fois elle passa dans son champs de vision, de plus en plus hystérique ! Mais tel un félin, il réussit à se retourner avec grâce, se lança à sa poursuite et une fois atterri sur son dos, la plaqua au sol.

« Bon calme toi ma fille ! Reprends tes esprits … Je crois avoir trouver une solution »

« Une solution ? tu veux dire que je ne vais pas finir cuite ? »

« Je ne sais pas ma pauvre, mais j’ ai un plan… qui a déjà marché par le passé »

Alors, il raconta à une Paulette qui n’ en perdait pas une miette, une de ses aventures de jeunesse, du temps lointain ou il était encore frais, jeune et beau… Et où il avait pris l’ initiative du premier sauvetage de Dinde qu’ ai connu la basse cour.

« Ah ! tu n’ as pas connu Gerthrude, une des plus belles dindes qu’ il m’ ait été permis de connaître et d’ admirer tout au long de sa trop courte vie ; car même si elle a été sauvée de la casserole… La pauvre n’ a pas pu échapper au tracteur…. Elle a disparu sous les grosses roues.. »

Le visage de cette pauvre Paulette tout en inclinaison, bec ouvert et sourcils levés, changeait d’ expression au fur et à mesure de l’ avancée de l’ histoire. Le bas de son bec fini par heurté son cou à l’ annonce de la fin tragique de la belle Gerthrude…

« Mais avant, le plan « Sauvetage de Dinde » avait fonctionné… C’ est simple et écoute moi bien. Tu vois le mur tout au fond de la cour derrière l’ arbre au gros tronc » ? A un endroit, il y a un trou… Il est un peu en hauteur, mais il suffit de s’ y mettre à plusieurs, de former …. Comment dire… une forme d’ échelle de poules, de canards et autres bonnes volontés et la Dinde prend l’ escalier formé par la volaille et consort . Tu me suis ? »

Paulette secoua de nouveau la tête dans un mouvement de compréhension stupéfaite et admirative de ce coq si intelligent, si futé…

« Mais Attention !! » sursaut de Paulette.

« Attention, à la sortie du trou. La pauvre Gerthrude trop pressée d’ échapper à son destin n’ a pas regardé avant de sauter… Et le tracteur lui est passé dessus… »

*

Sans hésitation et puisque le temps semblait être compté, Paulette décida qu’ elle serait la prochaine à bénéficier du plan « Sauvetage de Dinde »…

Le Coq prit la décision de rameuter les troupes, gonfla le torse afin que son appel soit le plus puissant possible…

Les vaches en avalèrent leur foin de travers, une poule expulsa deux oeufs, qui vinrent s’ écraser sur sa couvée, les lapins en lâchèrent leur carottes, deux canards entrèrent en collision… mais heureusement aucune plume ne fut froissée.

Un attroupement formé par ce petit monde choqué mais curieux, fini par comprendre une trentaine de membres ; bien suffisant pour former l’ échelle. Le Coq se perdit en explication, en calcul… Mais n’ eu pas le temps de conclure… Car Madame Alice fit son apparition, dispersa la volaille et attrapa Paulette qui, comme le reste de la basse cour rassemblée et attentive aux paroles rassurantes du Coq, n’ avait rien vu venir ! Ceux qui n’ avaient pas été écartés par l’ arrivée de la fermière, regardèrent Paulette s’ élever dans les airs et disparaître avec Madame Alice…

*

Ah ! que les jours suivants furent sombres. Le Coq ne comprenait pas l’ enlèvement si soudain de Paulette. Ce n’ était pas logique ! la date où tous les humains se régalaient de ses amies était proche, certes, mais Noël selon ses calculs ne tombait pas ces jours-ci !!! A moins que ces fous d’ humains en aient, cette année, changés la date ou alors, se dit-il enfin : « Je me fait trop vieux… Je dois perdre la raison… Je ne suis plus celui d’ autrefois… Je dois bien me rendre à l’ évidence… »

« Bonjour, mon ami… » La voix le surpris. Il la connaissait. Nul besoin de faire face à celle qui lui souhaitait le bonjour ! Paulette ! Paulette était là ! vivante et… Belle comme le jour…

« Mais que s’ est-il passé ? Que t’ ont-ils fait subir ? »

« Tu ne me croira jamais ! Mais les humains mon élue… Reine de beauté !!!! » Elle raconta au Coq et aux amis, venus les rejoindre, les jours suivants son enlèvement.

Elle avait été bichonnée, lavée, préparée… Par pour la casserole, mais pour un concoure de la plus belle Dinde de la région ! Elle avait reçue un prix, on lui avait mis un beau ruban rose autour du cou, ornée d’ une cocarde rose et blanche portant l’ inscription « 1er prix » ! Elle devenait ambassadrice de sa race ! Représentante de la ferme de Madame Alice et en quelque sorte une figure de proue, une vitrine pour l’ exploitation….

« Euh ! n’ en fait pas de trop non plus Paulette » Lança le Coq… un peu énervé devant les propos de la nouvelle « star » de la ferme… Mais heureux de revoir son amie saine et sauve.

*

De fait, l’ ambassadrice du remplir son rôle. Dérangée régulièrement dans son grignotage de graines par les mains expertes de la fermière venant la saisir à tous moments pour la faire admirer aux visiteurs de passage ! Elle devait se laisser patrouiller, on lui caressait la tête et des fois on la lui tapotait… Agréable tout ça…

« Bon… » Se dit Paulette, « si c’ est le prix à payer pour échapper à la casserole, ça peut aller…. Mais laisser moi descendre de temps en temps… j’ ai les graines qui refroidissent ! »

Fin

(C) Thomas Wagner – BPH – 2008

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L’ histoire de la Dinde… qui ne voulait pas finir à la casserole pour Noël…

 

1ère partie

Paulette était une bonne grosse dinde, bien charpentée et toute en chair… Qui se faisait du mauvais sang…

En effet, l’ année dernière Madame Alice, la gentille fermière qui distribuait tous les jours assez de nourriture  pour tenir jusqu’au lendemain (Paulette avait tout le temps faim et était toujours la première à sonner l’ alerte, dès qu’ elle voyait la fermière sortir de sa chaumière avec, ce merveilleux Sac contenant toutes ces délicieuses graines…), avait tout simplement, quelques jours avant Noël, emmenée sa copine Sophie…

Elle fut très étonnée, de voir Sophie sur les genoux de la fermière, un peu déplumée, le cou à 90°… et ne disant plus un mot (elle qui était toujours là à cancaner, apparemment cette fois-ci quelqu’un et en l’occurence Madame Alice, avait réussit à lui faire fermer son clapet).

Elle vit son amie, entièrement nue et débarrassée de ses plus beaux atours. « Comment ? » se dit-elle, « Comment Sophie a-t-elle put se laisser faire ? Je ne comprends pas qu’ une dame digne de ce nom, ose se montrer à la vue de tous, dans un tel état !!! Même si, je reconnais, qu’ on l’ a  un peu aidée « .

Ses réflexions ayant dépassées sa pensée, tout le petit peuple de la ferme participa à son indignation. Le Coq lui répondit : « Mais mon enfant, Sophie n’ a pas choisie ! Elle a été préparée… »

« Préparée à quoi ? » demanda Paulette les yeux écarquillés.

« Pour la casserole… » lui dit Le Coq d’ une voix éteinte à force d’ avoir, une fois de plus, essayé de chanter à tue tête, alors qu’ il y a bien longtemps que son chant ne servait plus à sonner le levé du soleil, mais participait à l’ exaspération de la ferme. Il est déjà pénible de vivre derrière des barrières ; si en plus quelqu’un vous braille n’ importe quoi dans les oreilles, vous vous rendez compte du calvaire… Ne pas pouvoir faire la grasse matinée, être levé dès l’ aube par un fou chantant, alors que la journée va être encore longue et longue… Heureusement qu’ il y a la distribution de graines…

« La casserole ? » lança Paulette horrifiée… les ailes tremblotantes levées devant son bec…

« Qu’ est-ce que c’ est ? » demanda t-elle soudain… Se rendant à l’ évidence qu’ elle ne comprenait goutte à l’ annonce du Coq…. Peut être s’ était-elle fait peur sans raison…

« Ma fille la casserole, c’ est là où certaines et certains d’ entre vous finissent leurs vies… Pour ma part, je crois que je suis trop vieux, et trop dur pour y avoir droit… Je finirais ma vie ici, les pattes dans la boue, à vous régaler de mon chant matinal… Jusqu’ à la fin… »

« Quoi ? » cria Paulette de nouveau en panique.

« Mais bien sur jusqu’ à la fin ! c’ est dans mes gênes ! je dois chanter…. » répondit le coq indigné…

« Je ne parle pas de ton chant ! mais de la casserole…. finir dans la casserole… Ça veut dire quoi ? »

« Être mangé, servir de repas aux humains, mourir et pas de façon naturelle si tu préfère » dit tristement le coq en regardant Paulette d’ un oeil larmoyant… Mais quand même rassuré, que sa façon de réveiller le quartier ne soit pas remise en cause !

A suivre….

(C) Thomas Wagner – BPH – 2008